Le fractionnement subcellulaire des éléments traces (ET) peut dépendre de leurs préférences de liaison, bien que peu de données de terrain soient disponibles dans les zones touchées par l’exploitation minière. Le grand brochet et le corégone ont été prélevés dans différents systèmes aquatiques situés dans la région minière de Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest, Canada) afin d’examiner le fractionnement subcellulaire des ET dans les cellules hépatiques. Les éléments ont été regroupés selon leur affinité de liaison : classe A (Ce, La), classe intermédiaire (As, Pb) et classe B (Ag, Cd). Les mesures effectuées dans les fractions associées à la détoxification des métaux (structures granuleuses et protéines/peptides thermostables) et dans les fractions supposées sensibles aux métaux (protéines thermodénaturées, mitochondries et microsomes, lysosomes) ont révélé des différences marquées entre les classes de métaux. Chez les deux espèces de poissons, le Cd et l’Ag s’accumulaient principalement sous forme détoxifiée (plus de 50 %, probablement liés à des protéines de type métallothionéines), tandis que le La et le Ce n’étaient présents sous cette forme qu’à hauteur de 20 % maximum. Les deux éléments traces de classe intermédiaire (As et Pb) montraient un comportement intermédiaire entre les classes A et B. Des proportions similaires ont été observées dans les fractions subcellulaires dites « sensibles » pour tous les ET, où les relations quantitatives entre le caractère ionique et l’activité (QICARs) ont indiqué que l’indice de covalence et l’électronégativité étaient de bons prédicteurs de la contribution des ET dans ce compartiment. Cette étude soutient l’utilisation des classes de métaux pour prédire le risque toxicologique associé aux métaux peu documentés dans les zones minières.