
On pense que les transformations d’oxydoréduction de l’arsenic (As) dans les lacs sont principalement contrôlées par des processus algales/microbiens. Nous avons testé si l’oxydation photochimique pouvait également être un processus redox important dans les systèmes d’eau douce du Nord. Nous avons exposé des échantillons d’eau naturelle filtrée provenant de quatre lacs touchés par la mine dans le Nord (Territoires du Nord-Ouest, Canada) et de trois étangs non expurgés (Nunavik, Canada) à un rayonnement solaire simulé, et suivi l’oxydation As(III). Au cours d’expériences d’incubation à court terme (moins de 8 h), tous les échantillons modifiés avec As(III) présentaient une photooxydation rapide (environ 0,06-0,27 h−1) alors qu’aucune oxydation significative n’a été observée dans l’obscurité. Ce processus de photooxydation a été contrôlé par le rayonnement UV, a été influencé par des oxydants à courte durée de vie et a été en partie entraîné par les concentrations de matière organique. Les complexes naturels as dans les échantillons d’eau non modifiés ont été photooxydés plus rapidement que dans les échantillons avec des amendements As(III). L’ajout de goethite ou la simulation de la fonte des neiges n’a pas modifié les taux de photooxydation de manière significative. Dans l’ensemble, ces résultats impliquent que la photooxydation de A devrait être considérée comme un mécanisme potentiellement important de contrôle de la spéciation inorganique as dans les systèmes aquatiques. Cela est particulièrement vrai pour les systèmes nordiques touchés par les activités minières et par les changements d’apports de matière organique liés aux changements climatiques.

