
La consommation de poisson est la principale voie d’exposition du méthylmercure neurotoxique (MeHg) chez leshumains. Le risque associé à l’exposition au MeHg peut être modifié par ses interactions avec le sélénium (Se) etl’arsenic (As). Des études de bioaccessibilité in vitro ont démontré que la cuisson du muscle du poisson diminueconsidérablement la solubilité du MeHg et, par conséquent, son absorption potentielle par le consommateur. Cependant, ce phénomène n’a pas encore été validé par des modèles in vivo. Notre étude visait à tester si labioaccessibilité du MeHg peut être utilisée comme substitut pour évaluer l’effet de la cuisson sur la disponibilitéin vivo du MeHg. Nous avons nourri des porcs crus et cuit des repas de thon et avons recueilli des échantillons desang des cathéters dans la veine porte et l’artère carotide à : 0, 30, 60, 90, 120, 180, 240, 300, 360, 420, 480 et 540minutes après le repas. Contrairement aux modèles in vitro, la biodisponibilité orale du MeHg chez le porc n’apas été affectée par la cuisson, bien que la cinétique d’absorption de MeHg ait été plus rapide pour le repas cuitque pour le repas cru. Nous concluons que la bioaccessibilité ne devrait pas être facilement utilisée commesubstitut direct pour les études in vivo et que, contrairement aux résultats in vitro, la cuisson du muscle depoisson n’a pas diminué l’exposition du consommateur au MeHg.