
Les recettes préparées avec des aliments locaux du territoire occupent une place centrale dans la culture et la nutrition des Inuits. Elles sont souvent recommandées pour leurs bienfaits sur la santé, comme un bouillon de poisson sauvage qui favoriserait la croissance du bébé pendant la grossesse et l’allaitement. Cependant, certains aliments traditionnels peuvent contenir des concentrations élevées de métaux (loïdes) potentiellement toxiques comme le mercure (Hg), l’arsenic (As) ou le cadmium (Cd), et on ignore dans quelle mesure ces substances sont transférées au bouillon. Pendant la grossesse, le risque de développer des carences en fer (Fe) et en calcium (Ca) est plus élevé. Une manière simple d’optimiser la teneur en nutriments des recettes est d’ajouter d’autres ingrédients comme des algues, des bivalves (moules et palourdes) ou un Lucky Iron Fish®, connu pour sa richesse en ces nutriments. Une approche expérimentale a été utilisée pour étudier le transfert des nutriments (éléments essentiels et acides gras) et des métaux (loïdes) vers le bouillon, en mesurant leurs concentrations dans les ingrédients et le bouillon. La plupart des poissons, des algues et des bivalves se sont révélés être des sources importantes (>20 % des apports quotidiens recommandés) de nutriments nécessaires à une grossesse en santé. Plusieurs nutriments ont été transférés au bouillon par ces ingrédients, mais seul le bouillon de poisson représentait une source notable de nutriments. Le Lucky Iron Fish a montré un potentiel d’enrichissement en fer lorsqu’il était préconditionné. Les concentrations totales de Hg étaient élevées dans les muscles et les joues de touladi (jusqu’à 4,5 µg/g poids frais ; >90 % sous forme méthylée), mais ne posaient pas problème dans les autres espèces de poissons. Peu de métaux (loïdes) étaient transférés au bouillon, à l’exception de l’arsenic (As). Les concentrations totales d’As étaient élevées dans certaines algues crues et dans la plupart des bouillons, mais il s’agissait principalement de formes organiques moins toxiques. Globalement, les bouillons de poissons sauvages étaient relativement pauvres en nutriments et en formes toxiques de métaux (loïdes). L’ajout d’ingrédients locaux comme les algues et les bivalves pourrait augmenter l’apport nutritionnel du bouillon de poisson lorsqu’il est consommé dans son intégralité.